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:: c'est mon choix 2 ::
:: « back :::: réactions :: :: suite :: Je n'avais donc pas eu le temps de terminer tous les sujets dont j'avais prévu de parler dans cette petite rubrique. L'erreur
est maintenant réparée puisque voici les épisodes manquants !
:: maman vieille fille :: C'est l'histoire de deux ados de 16-17 ans, un garçon et une fille, bien propres sur eux, tout sages, tout ça, ils ont un
problème : leur charmante maman est célibataire depuis 7 ans et elle n'a jamais essayé de refaire sa vie. Donc ils viennent à
CMC pour dire à leur génitrice que c'est bon, là, elle peut, elle a le droit, et même ils l'encouragent à se chercher un mec.
En fait ils ont honte, les mômes. Ils pensent à cette pauvre femme qui commence à vieillir dangereusement, qui n'a pas dû avoir d'orgasme depuis plus de 2500 jours, qui est en train de se rider inexorablement, et ce n'est pas pour elle qu'ils font cette démarche c'est bien pour eux : ils ont la honte. "Ma mère est moche, elle est vieille fille, elle peut pas se caser là faut faire quelque chose." ...et ils sont venus le lui dire à CMC, les bougres. D'ailleurs quand on voit le sujet de l'émission de ce soir c'est bien pour eux et non pour elle qu'ils interviennent. Les monstres. Donc maman arrive, les deux enfants indignes ont quitté le plateau. Evelyne la reçoit, parle de je ne sais plus quel faux sujet, dévie rapidement sur le célibat prolongé, "ah mais ça doit commencer à sentir le renfermé là-dedans", tout ça. Puis elle annonce la venue de je ne sais plus qui (décidément ça m'a marqué), ou peut-être pas, juste d'une surprise, enfin bref : en haut des marches qui traversent les gradins du public, un montant de porte (mais y'a pas de porte, parce qu'il y a déjà une porte magique dans l'émission, ça coûte assez cher comme ça), de la fumée comme en boîte de nuit et dans les concerts top branchés de maisons de quartier, et c'est le flash : les deux garnements sont là-haut. Ce qu'il y a de bien avec cette émission c'est que le téléspectateur n'a même pas besoin de réfléchir à ce qu'il pourrait ressentir : les deux ados sont déjà en train de pleurer. Chacun a son micro, sa fiche avec son texte, et donne la main à l'autre (preuve d'un manque flagrant d'organisation, ils n'ont pas trois mains). Le garçon commence, il sanglote, puis la fille enchaîne, elle chiale, le garçon termine, il est arrivé à se maîtriser parce que quand même il est grand maintenant. Ils terminent leur texte bien avant d'être arrivés en bas des marches, alors pour éviter le gros vide et la musique pitoyable qui passe en fond ils se précipitent dans les bras de leur mère, qui du coup a bien suivi les instructions données en loge et est déjà en train de pleurer. "Maman t'es gentille, on sait que tu veux pas refaire ta vie pour nous protéger, pour t'occuper de nous, mais maintenant on te demande de le faire", en gros. Alors là le public se demande à quoi va bien pouvoir servir notre porte magique fétiche, vu qu'en plus ça doit manquer à Evelyne de pas avoir dit "ouverture !" avec son sourire bête depuis plus de dix minutes. Ils sont définitivement au top de l'innovation chez CMC : derrière la porte magique se trouve un monsieur qui devrait correspondre à l'homme idéal de la mère d'après les enfants ; le but ensuite est de passer une soirée dans un grand restaurant, payée par l'émission. Alors madame s'y rend, devant cette porte, avec Evelyne, qui pour la première fois va interviewer ce qui se trouve de l'autre côté (forcément avec des clés ou un plumeau rose c'était pas trop possible). S'ensuivent donc plusieurs questions à la maman sur ses goûts en matière d'hommes, et vérification au fur et à mesure auprès du monsieur invisible (il doit être magique lui aussi, normal). Elle les aime grands, il est grand. Elle les aime vieux, il est vieux. Elle les aime aux yeux verts, il répond solennellement "suivant la météo, verts ou bleus", forcément elle n'en peut plus. Et puis elle les aime bruns, malheureusement on ne peut pas tout avoir et il faut le comprendre, il est vieux donc ses cheveux tireraient plutôt vers le gris. Encore deux-trois questions à la con pour le monsieur, posées par Evelyne, sur son état d'esprit ; je suppose que c'est pour évaluer le tempérament du candidat, et évidemment ce n'est pas chose aisée et il faut réussir à convaincre madame en quelques mots. Si encore il avait été poète ou raffiné il aurait pu répondre quelque chose d'intéressant ou de sensible, mais non il rétorque des banalités aussi pertinentes que le contenu de son repas de midi, ça ne mange pas de pain et il ne se mouille pas. Mais Evelyne s'en fout de tout ça, en fait. Il ne lui tarde qu'une chose c'est de placer le mot magique. Et son invitée, il ne lui tarde qu'une chose c'est de savoir la gueule que peut bien avoir le mystérieux inconnu.... Alors c'est parti : "ouverture !" lance enfin notre animatrice, aussi convaincue qu'une friteuse électrique. Et là... là... Et là sort un monsieur laid, qui a voulu se faire beau, qui est tout bronzé de partout, les dents toutes blanches avec la petite lueur comme dans les dessins animés et "maman j'ai raté l'avion", les cheveux gris-vieux avec une énorme moche frange qui retombe jusqu'au nez, un costume gris trop grand (comme ses cheveux quoi), un sourire bête et un bouquet de fleurs de supermarché. Evelyne rappelle donc que notre nouveau petit couple va passer une soirée aux frais de la princesse dans un grand restaurant, "en tout bien tout honneur, et plus si affinités, on ne sait pas, peut-être !" ; on est sur France 3 mais elle se permet de faire la grosse lourde, c'est à peine déguisé et tout le monde comprend "ah mais peut-être qu'après le restau vous allez faire des saloperies et nous dérouiller tout l'attirail, qui sait ?"... Tous des poètes. :: retrouvailles 46 ans après :: Alors là ce n'est pas un sujet drôle. Je le mets parce que quand même il faut bien en parler, même moi ça m'a ému donc il y
a forcément de quoi en parler.
Bon, on va la faire rapide parce que je sens que vous allez vous assoupir. Les plus anciens connaissent feu l'émission Tournez-manège. Là c'est pareil mais sans manège, sans suspense et avec un paravent. A gauche du paravent vous avez une petite vieille toute mimi toute adorable ; son problème c'est qu'il y a quarante-six ans, lorsqu'elle était encore jeune, fraîche, belle, et que la vie n'avait pas encore ravagé son enveloppe corporelle pour en faire ce truc répugnant, elle avait un amoureux, un vrai, son tout premier amour, avec qui elle aurait pu rester toute sa vie seulement voilà, il l'a plaquée parce que ses parents (à lui) ne voulaient pas de cette relation (elle était peut-être jeune, belle et fraiche, mais elle n'était pas du même monde donc forcément elle n'était pas bien). A droite du paravent il n'y avait personne, maintenant un vieux monsieur arrive, vraiment vieux mais avec encore toutes ses facultés quand même, sauf les cheveux qui sont blancs, la peau ridée, le foulard autour du cou et les lunettes pare-balles. Evelyne papote donc un moment avec notre vieil ami, qui s'est placé à droite du paravent et ne voit pas donc sa vieille ex (en fait il ne sait même pas qu'elle est là). Il l'aimait, il s'en veut atrocement de l'avoir quittée, mais y'avait les parents, tout ça. Là où tu commences à halluciner c'est qu'il y a vingt ans déjà, il était reparti à sa recherche parce qu'il ne l'avait pas oubliée, mais avait découvert qu'elle était mariée et n'avait pas insisté. Et là le revoilà à la charge, il a demandé à CMC de l'aider à la retrouver une seconde fois, 46 ans après la rupture. Il s'en veut, il ne l'a jamais oubliée, me pardonnera-t-elle un jour, tout ça. Pauvre papy il est au bord des larmes, et moi comme un con devant ma télé je n'imagine même pas ce que ça peut être de penser à la même personne pendant près d'un demi-siècle. Evelyne se lève, elle annonce à papy qu'en fait la dame en question se trouve de l'autre côté du paravent. Alors elle va lui poser deux-trois questions, mamie avoue qu'elle ne s'attendait pas à encore compter autant pour lui, tandis que lui est prêt à nous faire une attaque mais si ça se trouve ils nous l'ont coupée au montage. Il serait bien trop simple de retirer le paravent pour qu'ils se voient enfin, et il y a quelque chose qui n'a pas encore servi depuis le début de ce sujet. Si, si. Quoi donc ? Oui, voilà, la porte magique. Si mamie pardonne à papy de l'avoir plaquée voilà presque cinquante ans, elle est derrière la porte. Sinon, elle est partie, elle est dans sa loge, elle est aux toilettes, elle s'est pendue, enfin peu importe elle n'est pas derrière la porte. "Ouverture !" s'écrie encore Evelyne en atteignant l'orgasme. Et là c'est trop beau, sérieux ils sont trop touchants les deux petits vieux, toujours amoureux après toute une vie sans se voir. Ils s'approchent timidement l'un de l'autre, chacun doit se dire "putain, l'était moins moche jeune", mais ils se prennent dans les bras et s'embrassent maladroitement. Evelyne a fait un pas en arrière pour essuyer une larme. C'est con que ça passe dans une émission pareille, parce que putain c'était vraiment prenant. :: la grosse :: Eh oui, il fallait bien qu'il y ait une grosse. Ce sujet parle donc des rondeurs, de la graisse, du gras, de ces choses qui font
que certaines personnes de la gent féminine sont mal dans leur peau (car elle est trop petite) (désolé).
Là c'est donc une jeune un peu enveloppée qui vient nous voir parce que sa meilleure amie, qui est très enveloppée, se refuse tout un tas de choses à cause de son apparence physique. Sortir en boîte, aller à la piscine, tout ça. Personnellement je ne me trouve pas gros et je ne vais ni en boîte ni à la piscine, mais bon. Apparemment ça a l'air de lui tenir à coeur, donc l'invitée vient pour essayer de convaincre sa copine de ne plus rester bloquée dès qu'on lui parle d'avoir une vie sociale (c'est vachement social la piscine). L'invitée quitte le plateau, c'est au tour de son amie (notre héroïne, donc, la grosse) de venir se faire harceler de questions débiles par Evelyne. "Vous avez peur de la piscine, mais pourquoi ?" - "Ben je me fais traiter de grosse vache" ; là on voit bien qu'Evelyne se retient de rire, parce que même si c'est très vilain et pas charitable du tout de traiter une pauvre fille un peu boulimique de grosse vache, c'est tout de même assez cocasse d'imaginer sa tête sur le corps de l'un de ces adorables ruminants. Mais ça faisait longtemps que le montant de porte pas magique en haut du public n'avait pas servi, donc il y a quelqu'un qui va sortir de la fumée. Le ton est vite donné, c'est l'amie de tout à l'heure qui surgit, déjà en train de pleurer un peu, suivie par la mère de la grosse vache ; euh, de la jeune femme déjà sur le plateau (comme un steack) (désolé), et de son frère. La mère n'est absolument pas grosse, et le petit frangin non plus. L'est même mignon en fait, tout sage avec ses cheveux en brosse et son petit sourire gêné de je-passe-à-la-télé. Si je me fais saisir mon fer à repasser grâce à Bernard Valadon je vous tiens au courant !Le discours est pitoyable -- "ouais, t'es grosse, mais faut pas que tu te bloques, faut pas te priver de choses extraordinairement enrichissantes et cultivantes telles que la piscine ou les boîtes de nuit", et forcément la pauvre fille n'est pas très convaincue. Comme la porte magique n'a pas servi et qu'Evelyne a fait un pari avec le reste du staff "dix contre un que je fais passer une grosse par cette porte, juste parce qu'elle est grosse", notre petit monde s'empresse d'aller accueillir, après le traditionnel "Ouverture !" tel que savait le proclamer mon arrière-grand-père lorsqu'il allait aux sanisettes, une femme dont la principale caractéristique est d'être énorme. Et à quoi elle va bien pouvoir servir ? A être le coach de notre amie vache pendant une journée, l'amener à la piscine et en boîte de nuit, l'aider dans son affrontement thérapeutique des gens qui la traiteront fatalement de tous les noms d'oiseaux (gros, les oiseaux). Tout le monde revient s'asseoir, heureusement qu'ils ont du mobilier solide, la fille énorme y va de son discours-type avec un accent bien populaire, puis on passe à un autre sujet. Quelques minutes plus tard c'est l'heure du verdict : si l'invitée accepte d'aller à la piscine et en boîte, et de se faire coacher par la grosse grosse pas complexée, elle est derrière la porte. Sinon, ben non. "Ouverture !" lance Evelyne mais on sent bien qu'elle n'y croit plus parce qu'elle sait que de toute façon ça va s'ouvrir. Et là, la porte s'ouvre sur... rien. Elle n'a pas osé. Tout le monde est déçu ; Evelyne, la coach, la copine, la mère, sauf le petit frère qui s'en fout puisqu'il passe à la télé et que lundi prochain à l'école il va bien pouvoir traiter sa soeur de grosse vache avec les copains. La jeunesse est cruelle. :: terminé ! :: Non, je n'ai pas parlé du gars qui avait une moustache de paysan depuis 27 ans pour cacher ses dents de cheval, ni des pauvres
cinq filles moches d'une mère au foyer qui voulaient qu'elle parte en vacances... Tant pis !
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