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:: phil collins : testify ::
:: « back :::: réactions :: Attention, ceci n'a rien de drôle, je ne vais rien tourner en dérision ; ceux qui ne sont venus ici que pour lire des blagues pitoyables et gratuites peuvent repartir aussitôt. Entendons-nous de suite : je suis un inconditionnel de Phil Collins. C'est l'un des rares dont j'ai autant d'albums ; achetés, j'entends. Un certain nombre en pauvre cassette audio, parce que les maigres revenus que ses parents accordent à un pauvre collégien ne permettent pas forcément de se payer ce truc ultra-moderne que sont les disques compacts. Oui oui, je suis vieux ! En fait je les ai tous, ses albums. Bon, forcément il n'y a pas que du bon, ça fait vingt ans qu'il tourne en solo, le Phil ; il a commencé comme batteur chez Genesis, du temps où Peter Gabriel était encore chanteur, donc ça ne date pas d'hier non plus. :: cool, un nouveau :: Enfin voilà, j'ai entendu il y a deux mois le single Can't stop loving you à la radio, appris peu après qu'un nouvel
album sortirait le 12 novembre, et avais d'ores et déjà prévu de l'acheter. Bon, je reconnais l'avoir un peu cherché sur le
net, mais seul le premier extrait était disponible en mp3 ; les autres étaient au choix soit des bouts en boucle, soit des
fichiers remplis de zéros (si j'attrape le plaisantin qui a eu cette charmante idée je le tape -- ça vexe un peu de
télécharger 30 millions de zéros).
A vrai dire j'ai été un peu surpris (agréablement) d'apprendre qu'un nouvel album allait sortir. La bande originale de Tarzan (Walt Disney) et la tournée big band (reprise de pas mal de ses titres version jazz) m'avaient laissé penser que c'en était fini du temps où l'un de mes artistes favoris sortait de "vrais" albums solo. Que nenni ! Le revoilà avec un CD comme on les aime, avec sa tête en guise de jacquette (il a toujours fait ça sauf pour Dance into the light où on voyait danser sa silouhette floue), son nom et les titres des chansons écrits de sa main, bref comme au bon vieux temps. :: premières impressions :: J'achète le CD chez Virgin en un temps record (je ne suis pas du genre à flâner dans ces cas-là), et je vais me faire une
première idée dans la voiture. Ah tiens je remarque un label étrange censé témoigner d'une protection anti-copie numérique
; hmm, nous verrons ça à la maison.
Je parcours les plages rapidement, ça sent bon le Phil Collins habituel, j'aime. Mûr, solide, carré, ce devrait être un come-back réussi, mais j'en saurai certainement plus une fois épluché les pistes une à une. :: 1. wake up call :: Ca commence bizarrement, l'entrée en matière rappelle un peu les premiers albums, quand PC enregistrait dans sa cave et
s'amusait avec son synthétiseur. Assez peu de structure, on en retient surtout une espèce de fouillis indescriptible, auquel
on n'était plus habitué depuis un petit moment.
:: 2. come with me :: Petite chanson douce habituelle sans grande prétention ; ça rappelle un peu Hold on my heart (Genesis, We can't
dance) notamment les petites notes de guitare en pickup. Le solo (2'45") laisse à désirer, on sent un peu trop le côté
synthétiseur, mais sinon ça va...
:: 3. testify :: La chanson qui a donné son titre à l'album se devait d'être fidèle à l'idée générale, et elle le fait très bien. Elle
rappelle We fly so close (Both sides), pour les côtés positifs comme négatifs. La boîte à rythme par exemple
est un peu gênante au départ, lorsqu'elle vient seconder une intro plutôt aérienne ; mais cela passe beaucoup mieux une fois
que la batterie s'énerve.
:: 4. don't get me started :: Celle-là elle me rappelle ce qu'on a pu entendre dans Tarzan. La grosse caisse en guise de rythme au début m'a fait un peu
bizarre, mais on se laisse entraîner tout de même. A noter, le petit écho sur la voix vers la fin, petit clin d'oeil à In
the air tonight.
:: 5. swing low :: Pas grand-chose à voir mais elle me rappelle un peu A thousand times, de Sting, et un peu l'ambiance générale de
tout l'album Brand new day. Aérien, doux et rythmé, percussions à contre-temps ; une chanson sans grande prétention mais
toujours fort agréable à écouter.
:: 6. it's not too late :: Alors celle-là ça m'énerve, elle m'en rappelle très fortement une autre, a priori de Both sides, mais je ne sais plus
laquelle... Peut-être We wait and we wonder ? Passons.
:: 7. this love this heart :: Ah ! Le voilà le premier vrai slow ! Petites percussions à la That's the way it is ou encore We fly so close ou
toute autre de Both sides. Elle a un petit arrière-goût d'au revoir... ah ben tiens au moment où je dis ça, il lance
"I'll wait for you till you come back". J'aime bien les guitares chaudes à la Clapton (I wish it would rain down,
album But seriously) (Clapton y interprétait la guitare). Et ça finit sur un battement de coeur, trop beau !
:: 8. driving me crazy :: Alors celle-là... bof. Un tempo de Take me down (Dance into the light), sans la pêche qui signe les Phil Collins
entraînantes d'habitude. Peut-être est-ce la chanson la plus impersonnelle de l'album, elle aurait pu être interprétée par
n'importe quel jeune artiste à la mode... enfin bon.
:: 9. the least you can do :: La flûte irlandaise qui débute cette balade pourrait rappeler My heart will go on (Céline Dion, Titanic), mais
en fait non, c'est beaucoup mieux ici. Ca sent plutôt le lever (ou coucher) de soleil à la Mark Knopfler. On garde de cette
chanson une impression de générique de fin ; la guitare, plutôt rare, se paye quand même un solo et des parties à rappeler
River so wide (Dance into the light). J'aime surtout la façon dont PC s'enflamme plus ou moins à la voix, ça
vient d'en bas, c'est très prenant, et cette symphonie se termine paisiblement par une petite note de notre amie la flûte
irlandaise.
:: 10. can't stop loving you :: Alors celle-là on ne la présente même plus, elle est déjà passée des milliards de fois à la radio durant les deux derniers
mois. C'est du bon, du vrai Phil Collins, du bien populaire et plus ou moins passe-partout, structure simple, paroles aussi,
entraînant mais qui parle quand même d'amour, bref la chanson bateau mais que pour ma part j'écoute toujours avec grand plaisir.
:: 11. thru my eyes :: Ca commence aux percussions, à la Tarzan. Est-ce que le dessin animé a influencé PC à ce point, ou est-ce plutôt Disney qui a
su le cueillir à un moment où son style penchait beaucoup vers ce qu'ils voulaient pour leur film ? Ouais je dirais plutôt ça.
J'aime bien notamment le rythme de la batterie, plutôt syncopé ; étant batteur moi-même j'apprécie.
:: 12. you touch my heart :: Encore une petite balade, la guitare nylon me rappelle Sting, Ghost story (Brand new day). J'aime bien qu'elle
soit à la fin de l'album, elle fait vraiment chanson pour s'endormir. J'aime bien le "don't be afraid", les mots et les notes
rappellent la même chose dans True colors (reprise dans l'album Hits de la chanson de Cindy Lauper). C'est
apaisant, c'est une petite berceuse qui rappelle son côté paternel comme dans Father to son (But seriously). Ca
se termine sur un fade out, un peu pour dire au revoir...
:: protection anti-copie :: Je ne sais pas combien la maison de disques a payé ça, mais c'est une affreuse imposture. Et on comprend mieux quand on voit
que ça utilise la technologie Microsoft...
Inséré dans un ordinateur, le CD lance une espèce de lecteur tout pourri, au design affreux, qui n'offre pour ainsi dire aucune fonction particulière à part play, stop, volume et changer de morceau. Mais ils disent que ça utilise un truc vachement compliqué de chez Krosoft, alors... Il est aussi précisé que c'est donc protégé contre la copie numérique ; je m'empresse de lancer EAC (le meilleur grabber CD au monde, couplé avec LAME et son paramètre --r3mix pour faire du VBR)... j'obtiens de beaux MP3s absolument pas protégés, et évidemment sans aucune altération quelconque de la qualité sonore par rapport au CD (c'est aussi ça la puissance du MP3 VBR). :: pour finir :: C'est du bon Phil Collins, du tout bon. En tant qu'inconditionnel il est vrai que ça ne peut que me plaire, mais bon c'est
déjà pas mal !
Tout y est : les boîtes à rythme secondées par l'excellent coup de baguette de PC (l'on disait il fut un temps que c'était le meilleur batteur du monde il me semble), les synthétiseurs savamment maîtrisés, les guitares au ton juste à peine saturées, les voix toutes interprétées par le même chanteur, bref tout ce qui a pu plaire dans Both sides, plus récemment Dance into the light ou Tarzan. Tout ce qui manque ce sont les musiciens d'antan, ceux des concerts de Genesis ; le guitariste Daryl Stuermer et compagnie, tous ceux de l'époque But seriously qui ont disparu pour faire un album plutôt dans les tons de True colors. |